Ce matin, la Radio Suisse Romande dans son Emission « Passé-Présent » est (re)venue sur le sujet de la faillite de l’Argentine en 2001, sur déroulement de celle-ci, sur les similitudes avec la Grèce et surtout les différences (de taille).
Tout d’abord l’Argentine - qui était en hyper inflation - a trouvé la géniale idée de lier son Pesos au dollar américain et de se mettre ainsi sous domination du billet vert.
L’idée semblait bonne, l’inflation était sous contrôle.
C’était sans compter sur la hausse du USD qui, redevenant très fort, a pénalisé l’Argentine.
Finalement, ce lien monétaire imposé a explosé et l’Argentine s’est retrouvée dans l’impossibilité d’honorer ses créances, sa dette. Elle l’a, tout bonnement, re-échelonnée..
Comment ?
démonstration par l’exemple: Vous étiez l’heureux détenteur d’une obligation 10% Argentine 2009 en USD. Fort de cette possession, vous étiez au bénéfice d’un coupon généreux de 10% annuel et il était convenu que vous recevriez votre capital (le principal) en retour en 2009. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin.
Soudainement , les règles changent: L’obligation se transforme en 0% Argentine 2040. Vous ne recevez plus d’intérêts…..et votre remboursement aura lieu après votre mort en 2040. Il est bien évident que vous pouvez, dès cet instant, négocier à la vente votre obligation Argentine, mais son cours a passé de 95% (un exemple) à 22% !
Il ne vous reste plus qu’à prendre une grosse perte ou attendre, qu’un jour peut-être, un quelconque paiement intervienne. Pour mémoire, les emprunts russes ont déjà fait des dégâts par le passé.

Revenons à nos olives: La Grèce
Dans l’émission que je cite plus haut et dont voici le fichier audio:passe-present-20100504  , il est abordé que l’Argentine possédaient des richesses (blé, etc.) (ils oublient aussi les métaux) et que cela a permis à ce pays de s’en sortir, car les échanges commerciaux ont repris rapidement et la crise bancaire (banques fermées) a été de courte durée.
Dans le cas de la Grèce, les similitudes sont intéressantes: La monnaie n’est plus la sienne (l’Argentine avait lié son destin pesos avec le USD, c’était aussi le cas de « pieds et poings liées »), le peuple descend dans la rue (idem en Argentine) et les grève se mettent en place.
La grande différence réside dans le fait que les grecs n’ont rien à vendre d’après l’émission radio, sauf du tourisme et des olives.
Si c’est bien le cas, je ne vois pas comment peut-on espérer un quelconque retour de tout l’argent que NOUS (je précise que le Suisse devra verser 690 millions de CHF (480 millions d’euros) au travers du FMI) avançons.
Ce qui me désole, c’est qu’à nouveau les mesures prises par les politiques ne sont que dans un sens, à savoir:
- Réduction des privilèges des fonctionnaires (ça cela me semble logique de réduire le train de vie de l’Etat avec des retraites passant de 53 ans à  60 ans)
- Annulation des 13ème et 14ème salaires. Je n’ai pas d’avis sur ce point, je travaille 12 mois.
- Une hausse de la TVA de 2 points (là je reste beaucoup plus dubitatif, car les prix vont monter, les habitants vont voir leurs revenus fondre, ce qui va engendrer une baisse de la consommation et il semble probable que les recettes ne vont pas augmenter, voire pourraient même diminuer à cause de cet l’impôt)
Et des plans de stimulation ? Y’en a point m’sieur ?
Aucune idée pour relancer la consommation, les investissements ? pour faire revenir des capitaux en Grèce ? Il y a plein de grecs fortunés avec de l’argent à l’étranger qui pourraient investir en Grèce non ?
A moins que le combat ne soit déjà perdu….