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Se protéger? Mais à quel prix ?

Mercredi, avril 27th, 2011

Par Sébastien Roten

Protéger son portefeuille contre la baisse des marchés : leurre ou réalité ?

Il existe plusieurs solutions afin de protéger son portefeuille titres contre les baisses des marchés.

La première possibilité semble couler de source : Tout vendre ! Surtout si l’on sent que les marchés boursiers vont s’écrouler…
Moyen qui peut se transformer en manque à gagner - plus ou moins important - si les marchés ne s’effondrent pas !

On peut aussi acheter des titres de couverture dit « options » (put, future … etc.) ou effectuer des ventes à terme.

Ces mécanismes permettent de se couvrir d’une fluctuation de change ou variation de marchés. On protège un actif que l’on possède à un prix fixé à l’avance et à une date déterminée. A noter que cette protection à un coût. C’est identique à une assurance pour votre voiture. Pas sûr d’avoir un accident, mais faut payer au cas où.

Comment protéger ses titres avant une chute des marchés …

Voici un exemple (fictif et simplifié) :

Jérôme K. possède 1 action ABC. La valeur de cette action cote actuellement CHF 50.-.

Jérôme désire conserver son titre, mais pense que le marché va baisser, de même que le titre ABC (mais il a quand même un doute de son diagnostic). Il décide de garder sa position titre et d’acheter une option put pour chaque titre détenu, échéance 6 mois, au prix d’exercice de Frs 50.-  (la volatilité est de 30% et le taux sans risque de 0,3%), ce qui donne un prix de chaque option de 5 CHF, soit 10% de la valeur du titre. Pour ne rien perdre, il faut que le titre se retrouve (à l’échéance) au moins à 45.- CHF le put vaudra 5.- CHF ((50 (prix d’exercice) – 45 (cours final))

Cette acquisition lui donne le droit de vendre son action à 50.- dans 6 mois.

Trois mois plus tard, un évènement survient sur les marchés et le titre ABC chute fortement à Frs 40.-. Jérôme perd Frs 10.- sur son action. Cependant, la valeur de son option vaut désormais Frs 10.60 (à cause des trois mois restants de vie de l’option à 6 mois)

Jérôme possède toujours son titre et ne «perd » pas, il est même légèrement gagnant car son option vaut 10.6 à rajouter à ses titres. Il peut choisir de ventre son options à 10.6 dans le marché ou vendre ses titres, car il a le droit de les vendre grâce à son option put (droit de vente).

… ou après une chute des marchés

D’après Mikaël Lok du Credit Agricole Private Banking (voir article: 24mars des contrats à terme pour couvrir le risque en qqes minutes )il est possible de protéger rapidement les portefeuilles de ses clients après un évènement important provoquant une forte baisse des marchés, comme le dernier séisme au Japon par exemple, par la vente de contrats à terme.

En d’autres termes, il serait ainsi possible de s’assurer contre le risque d’incendie de notre maison, … le lendemain d’un incendie qui aurait entièrement détruit cette dernière !

C’est possible, mais le coût de cette assurance est démesuré et je vais vous le démontrer.

Imaginez un instant de panique dans les marchés et que la volatilité s’envole littéralement à 90% comme nous l’avons déjà vécu (postulat que la volatilité monte de manière identique sur le titre) et que suite à cette panique le titre reste à 50.- CHF et que Jérôme veuille s’assurer.

Il devrait dès lors payer son option de couverture le prix fort ! 14.- CHF, soit 9.- CHF de plus soit près de 3 fois le prix

Pour ne pas être perdant son titre doit chuter d’au moins 14 CHF à l’échéance.

On le constate aisément, la volatilité due à la panique fait monter les prix !

Il est donc inutile (mais pas impossible) de se protéger après des mouvements de marchés violents.

Celui qui vous dit qu’il peut sauver les meubles après l’incendie se moque de vous, mais cela vous le savez non ?

Les grandes banques US dominent le COMEX

Jeudi, février 12th, 2009

Si vous ne le saviez pas, les plus grands négociateurs de contrats futures sur le COMEX sont les grandes banques américaines.

On trouve leur activité « futures et options » ici: http://www.cftc.gov/marketreports/bankparticipation/index.htm

Actuellement, elles sont très largement à découvert (short) » sur l’or et dans une plus grande mesure encore sur l’argent. Plus le cours monte, plus elles vendent à découvert. Elles espèrent donc que les cours baissent où alors……elles tentent depuis des mois de manipuler le cours en le maintenant artificiellement bas (tout du moins en essayant de la maintenir bas).

Il existe un monde entre le prix des pièces, lingots,etc. en physique – que le monde entier s’arrache – et le cours en bourse des métaux, qui lui, peut être « manipulé ».

D’après le rapport mensuel du CFTC au 6 février deux grandes banques US ne détenaient aucune position dite « longue », mais 27’189 contrats à découvert sur l’argent. 

L’ensemble des acteurs commerciaux détenaient 33’173 contrats « short ». Ainsi, à elles-deux, ces banques sont engagées à hauteur de 81.96% de toutes les positions à découvert sur l’argent !!!! (source stockhouse.com)

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Comment est-il possible que l’autorité de surveillance laisse deux intervenants exercer une si grande influence sur le métal sans réagir ?

Pour l’or, l’histoire est similaire.

Seules trois banques détiennent 107’561 contrats à découvert alors que l’ensemble des commercaiux représente 177’589 contrats. Ainsi les trois banques représentent 60.57% des contrats « short » sur l’or.

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Il se peut que ces positions à découvert servent à honorer des contrats ou hedger des positions, mais je reste très sceptique.

Et si c’était une volonté gouvernementale que de maintenir les cours vers le bas ?

En effet, si le prix de l’or (argent) s’envole littéralement, cela se produit au détriment de ???

Je vous le donne en mille: DE LA MONNAIE FIDUCIAIRE que les Etats sont entrain de produire à très grande échelle.

Moralité: si on veut garder la valeur d’un actif en relation avec les autres, on fait baisser la valeur de l’autre actif ! Cela permet de donner un semblant de valeur à la monnaie fiduciaire dans le cas qui nous occupe.

Imaginez le commun des mortels qui constate que sa monnaie s’affaiblit contre tout et surtout contre la seule monnaie réelle: l’or (voire les métaux). Il s’en ira demander des comptes aux gouverments. C’est ce que ces derniers ne veulent surtout pas.

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