Se protéger? Mais à quel prix ?

Par Sébastien Roten

Protéger son portefeuille contre la baisse des marchés : leurre ou réalité ?

Il existe plusieurs solutions afin de protéger son portefeuille titres contre les baisses des marchés.

La première possibilité semble couler de source : Tout vendre ! Surtout si l’on sent que les marchés boursiers vont s’écrouler…
Moyen qui peut se transformer en manque à gagner – plus ou moins important – si les marchés ne s’effondrent pas !

On peut aussi acheter des titres de couverture dit « options » (put, future … etc.) ou effectuer des ventes à terme.

Ces mécanismes permettent de se couvrir d’une fluctuation de change ou variation de marchés. On protège un actif que l’on possède à un prix fixé à l’avance et à une date déterminée. A noter que cette protection à un coût. C’est identique à une assurance pour votre voiture. Pas sûr d’avoir un accident, mais faut payer au cas où.

Comment protéger ses titres avant une chute des marchés …

Voici un exemple (fictif et simplifié) :

Jérôme K. possède 1 action ABC. La valeur de cette action cote actuellement CHF 50.-.

Jérôme désire conserver son titre, mais pense que le marché va baisser, de même que le titre ABC (mais il a quand même un doute de son diagnostic). Il décide de garder sa position titre et d’acheter une option put pour chaque titre détenu, échéance 6 mois, au prix d’exercice de Frs 50.-  (la volatilité est de 30% et le taux sans risque de 0,3%), ce qui donne un prix de chaque option de 5 CHF, soit 10% de la valeur du titre. Pour ne rien perdre, il faut que le titre se retrouve (à l’échéance) au moins à 45.- CHF le put vaudra 5.- CHF ((50 (prix d’exercice) – 45 (cours final))

Cette acquisition lui donne le droit de vendre son action à 50.- dans 6 mois.

Trois mois plus tard, un évènement survient sur les marchés et le titre ABC chute fortement à Frs 40.-. Jérôme perd Frs 10.- sur son action. Cependant, la valeur de son option vaut désormais Frs 10.60 (à cause des trois mois restants de vie de l’option à 6 mois)

Jérôme possède toujours son titre et ne «perd » pas, il est même légèrement gagnant car son option vaut 10.6 à rajouter à ses titres. Il peut choisir de ventre son options à 10.6 dans le marché ou vendre ses titres, car il a le droit de les vendre grâce à son option put (droit de vente).

… ou après une chute des marchés

D’après Mikaël Lok du Credit Agricole Private Banking (voir article: 24mars des contrats à terme pour couvrir le risque en qqes minutes )il est possible de protéger rapidement les portefeuilles de ses clients après un évènement important provoquant une forte baisse des marchés, comme le dernier séisme au Japon par exemple, par la vente de contrats à terme.

En d’autres termes, il serait ainsi possible de s’assurer contre le risque d’incendie de notre maison, … le lendemain d’un incendie qui aurait entièrement détruit cette dernière !

C’est possible, mais le coût de cette assurance est démesuré et je vais vous le démontrer.

Imaginez un instant de panique dans les marchés et que la volatilité s’envole littéralement à 90% comme nous l’avons déjà vécu (postulat que la volatilité monte de manière identique sur le titre) et que suite à cette panique le titre reste à 50.- CHF et que Jérôme veuille s’assurer.

Il devrait dès lors payer son option de couverture le prix fort ! 14.- CHF, soit 9.- CHF de plus soit près de 3 fois le prix

Pour ne pas être perdant son titre doit chuter d’au moins 14 CHF à l’échéance.

On le constate aisément, la volatilité due à la panique fait monter les prix !

Il est donc inutile (mais pas impossible) de se protéger après des mouvements de marchés violents.

Celui qui vous dit qu’il peut sauver les meubles après l’incendie se moque de vous, mais cela vous le savez non ?

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17 Responses to “Se protéger? Mais à quel prix ?”

  1. christophe dit :

    autre solution : prendre un call VIX

  2. fred subtropical dit :

    Oui, y’a aussi des ETF sur le VIX. Le problème : c’est basé sur des futures et actuellement il semble y avoir un contango important. Ce qui fait que de mois en mois cela descend de qq % même si on revient à la même valeur du VIX.

  3. christophe dit :

    oui l’effet contango ne permet pas de se tromper trop longtemps : j’en ai fait les frais sur le gaz en 2009 et ma position s’est fait grignoter petit à petit et j’ai fini par me couper.
    Donc la question reste entière : comment protéger ses actifs => trouver un actif anti-crise mais qui puisse performer si nous avons un Q3.
    Pour ma part, j’ai une société de royalties sur le gold donc valeur de rendement mais indexé sur l’or

  4. tloc dit :

    Quoiqu’en pense les marchés, en France du moins et dans de nombreux autres pays, la fiscalité, les taxes et le cout de l’énergie augmenteront.Les revenus du capital seront de plus ne plus taxés ainsi que la prise de risque.Je reviens toujours à la même idée de base.Investir dans l’isolation de son habitation.Cela déduira vos futures factures énergétiques et le gain d’économie réalisé n’est pas encore taxé par nos chers dirigeants. Ayant commencé d’agir sur les marchés en 1999 avant la crise internet, je préfère largement tout vendre rapidement et bien dormir même si je reconnais que sur une échelle de temps très réduite, il doit être possible d’engranger de bonnes plus values .

  5. fred subtropical dit :

    amha à part le gold et le silver, pas de valeurs anti-crise, juste à des stratégies.

  6. fred subtropical dit :

    A propos de VIX, cela monte sévère aujourd’hui. C’est l’effet Ben, le Grand Méchant Lourd va ouvrir sa bouche… »Oh grand-mère, comme vous avez une belle imprimante »

  7. BA dit :

    Mercredi 27 avril 2011 :

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 12,004 %.
    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 12,520 %.
    Irlande : taux des obligations à 5 ans : 11,875 %.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,456 %.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 11,769 %.
    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 11,452 %.
    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,650 %.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,621 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 25,398 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 24,717 %.
    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 18,130 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,184 %.

  8. lelievremilou dit :

    Bonjour TLM.
    J’ai cru bon de devoir me protéger sur une chute brutale du CAC, début mars.
    J’ai donc acheté des BX4, à ce moment là. Je les ai encore, et, je m’en mord les doigts

  9. fred subtropical dit :

    les banksters US shortent l’or (qu’ils n’ont pas) pour couvrir leurs shorts sur l’argent (qu’ils n’ont jamais eu). conclusions:
    1) elles pensent que l’argent va continuer à monter plus vite que l’or. C’est pas une bulle, c’est un short squeeze !
    2) ils fuient en avant tout droit dans le mur

  10. merzak dit :

    tenter de penser que on peut couvrir en achetant un droit de vendre prochainement, c’est une Diarrhée chronique.cordialment

  11. DOZIER dit :

    « Bonjour TLM.
    J’ai cru bon de devoir me protéger sur une chute brutale du CAC, début mars.
    J’ai donc acheté des BX4, à ce moment là. Je les ai encore, et, je m’en mord les doigts »

    S’il s’agit de se couvrir contre une baisse du CAC alors que l’on est déjà investi sur un tracker ou une SICAV CAC40, je ne vois pas où se situe le problème.

    S’il s’agit d’acheter du BX4 pour uniquement spéculer à la baisse, on risque effectivement de s’en mordre les doigts.

  12. david dit :

    bientôt la fin en va rigoler

  13. Muse dit :

    Le mieux est encore de mettre de l’argent dans une entreprise en laquelle on croit et de laisser son argent sur le long terme !! Car comme le disait Nicolas Hayek : « La majorité des fonds et des sociétés financières, en tant qu’actionnaires, n’agissent pas dans l’intérêt des entreprises dans lesquelles ils investissent. Au contraire ! » et c’est dommage car en voulant trop jouer, on perd, et les entreprises perdent.

  14. BA dit :

    Vendredi 29 avril 2011 :

    Le Titanic « ZONE EURO » n’a pas percuté un iceberg, mais trois icebergs.
    L’eau s’engouffre de toutes parts.
    Le naufrage suit son cours tranquillement, l’orchestre continue de jouer sa musique, le barman du Titanic « ZONE EURO » continue de servir des bouteilles de Champagne, bref, tout baigne.

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 11,996 %.
    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 12,386 %.
    Irlande : taux des obligations à 5 ans : 11,957 %.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,573 %.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 12,064 %.
    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 11,256 %.
    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,518 %.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,643 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 25,354 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 23,982 %.
    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 17,147 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 15,662 %.

  15. pierlou dit :

    depuis le 6 avril, vous en seriez à 500 pips de perte soit 5000$ pour 1 seul contrat forex… +3,7% pour l’EURO … bien heureusement vous n’êtes pas trader … ouf

  16. BA dit :

    Lundi 2 mai 2011 :

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 12,038 %.
    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 12,463 %.
    Irlande : taux des obligations à 5 ans : 11,711 %.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,472 %.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 12,032 %.
    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 11,663 %.
    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,843 %.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,631 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 25,912 %.
    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 23,927 %.
    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 17,208 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 15,665 %.

    http://www.les-crises.fr/meteo-des-taux/

  17. BA dit :

    La restructuration de la dette grecque, un tabou en train d’exploser.

    Remède pour sauver le pays ou potion aux effets néfastes ? Autrefois taboue, la restructuration de la dette grecque plane désormais sur les marchés et vient raviver les dissensions sur les solutions pour sortir durablement la zone euro de la crise.
    L’idée de réduire le fardeau de la dette grecque a pris de l’ampleur depuis que le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, a suggéré de mettre en place de « nouvelles mesures » si l’austérité en vigueur ne suffisait plus.
    Les marchés ont immédiatement conclu que cette restructuration n’était plus qu’une question de temps, poussant les taux auxquels Athènes se finance à des niveaux intolérables (25% pour le deux ans, 16% pour le 10 ans).
    Si la Grèce n’a pas besoin d’aller sur le marché avant 2012, grâce au plan d’aide de 110 milliards d’euros de ses partenaires européens et du Fonds monétaire international (FMI), elle reste néanmoins dans l’impasse. Son endettement va représenter 152% de son PIB cette année et elle peine à retrouver le chemin de la croissance.
    Pour les marchés qui s’appuient notamment sur l’opinion du fonds obligataire Pimco, la solution est que la Grèce ne rembourse pas l’ensemble de sa dette ou la rééchelonne, quitte à pénaliser ses créanciers.
    « Ce scénario pèserait sur certaines banques européennes, notamment les grecques, qui auraient besoin d’aides supplémentaires », affirmait récemment The Economist. Cette situation serait toutefois « gérable », poursuivait l’hebdomadaire, partisan avec d’autres analystes du « plus tôt sera le mieux ».
    Une hypothèse que refusent en bloc les autorités européennes, redoutant des effets dévastateurs pour la Grèce comme pour ses voisins européens. La Banque centrale européenne (BCE) a évoqué à ce sujet le spectre de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, dont la faillite en septembre 2008 avait précipité la crise financière.
    « Si les banques du pays s’effondrent, l’Etat doit renflouer le système bancaire. C’est comme quand on creuse un trou pour en boucher un autre ! », expliquait récemment un haut responsable européen, qui suit de près ce dossier.
    « Une faillite, même partielle, entraîne une défiance généralisée pour les organismes financiers qui hésitent à se prêter entre eux. Une fois ce système touché, les établissements ne peuvent plus prêter aux entreprises ou aux ménages… », développe de son côté Philippe Brossard, de la société d’études économiques Macrorama. « C’est un cataclysme! ».

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hyAcMUQLsGbUQzm8KLDXqwZo6DBQ?docId=CNG.316a83c92ded48b37e97c24ad1f0f8dd.5e1