Personne n’en parle
Je me suis mis en tête de trouver de l’information et j’en ai obtenue bien plus qu’espéré. Il est très difficile de dresser un condensé lisible, non barbant et intéressant, mais je vais tout de même m’efforcer de rendre cet article agréable.
Tout d’abord je désire revenir sur LA phrase de la semaine dernière. Elle est l’oeuvre de M.Bernanke (dit Helicopter Ben) qui a eu la vanité de dire: « We save the world from disaster ».
Cette phrase historique sera probablement dans quelques temps (plus ou moins long, mais extrêmement court en comparaison de la vie de notre petite planète bleue): « We plunged the world into disaster », mais cela n’est que mon humble avis.
Voici les indicateurs qui me poussent à avoir modifié cette phrase:
Le Baltic Dry Index qui indique l’activité économique rebaisse depuis trois mois et plus personne n’en parle
Le put / call ratio est au plus bas (0.39) ou plus exactement les calls (à l’achat) sont à 62.8%, soit le plus haut niveau depuis 2007 et personne n’en parle.
Les hedge funds qui suivent la stratégie Market Neutral affichent une performance négative, ce qui signifie qu’ils étaient short (à découvert) sur les titres ou secteurs qui sont beaucoup montés (les financières très probablement). Ils ont dû couvrir les positions durant les derniers mois et c’est pourquoi les marchés sont montés de manière technique et non pas à cause de la substance. Nous avons assisté à une couverture de ventes à découvert record et personne n’en parle.
Les insiders qui sont, à mon humble avis, les mieux placés pour connaître la marche des affaires n’ont, durant cette phase de hausse, eu de cesse de vendre leurs titres et personne n’en parle.
M. Roubini, qui semble-t-il, avait vu venir cette panade et qui est très atypique voit la rechute: roubini double dip et peu de personne en parlent.
Les fonds de pension ne récupèrent que peu de leur dégringolade et pas grand monde en parle: Pension Plans’ Private-Equity Cash Depleted as Profits Shrinki et de plus en plus de pauvre à la retraire: One million more workers face poorer retirements
Les Etats s’engouffrent dans les déficits et quelques personnes en parlent: Public finances worsen as recession bites
Les renouvellements des hypothèques vont poser problème et les faillites continuent et quelques uns en parlent: Mortgage Delinquencies Rise to Record as U.S. Home Prices Fall
Madame Elizabeth Warren nous rend attentive qu’il y a des risques et que les actifs toxiques sont toujours dans les banques.
C’est exactement cela que les gens ignorent ou veulent ignorer. Les actifs pourris sont toujours pourris et ils n’ont pas été vendus pour plusieurs raisons:
- Ils sont invendables
- Ils n’ont pas de valeur
- Ils figurent dans les livres à des valeurs estimées
- S’ils étaient mis en vente….leurs vrais prix apparaîtraient !
- Les bilans des banques s’effondreraient
En conclusion, mieux vaut les garder dans un congélateur… à l’abri des regards
A tous ceux qui pensent que le rebond que nous vivons est le reflet d’une amélioration tangible et durable, je dis non. Je n’y crois pas, le mal est fait et seule une purge magistrale (de retentissantes faillites et un nettoyage du marché) pourra assainir l’économie. Je ne sais pas si j’ai plus peur de cette finance ou d’Apophis, mais j’ai bien peur que la finance nous frappe avant l’astéroïde.

Bonjour Olivier,
Je suis convaincu de tout cela. Je suis de près le BDI, ainsi que le Harpex, et, les « commercial papers ». Il est certain qu’au vu rien que de ces indicateurs nous pouvons être conscients que les échanges économiques internationaux ne sont pas du tout en phase avec les marchés boursiers
Quant aux Insiders (j’aurais du mal à retrouver mes sources dans mon ordi fourre-tout), il y a belle lurette qu’ils ont commencé à vendre
Merci Olivier pourtoutes ces précisions.
bon site pour le BDI car il fournit une petite réglette pour se déplacer dans le graphique (dates, et, prix):
http://bourse.lesechos.fr/bourse/matieres/details_matieres.jsp?Code=BADI&Place=RMSE-TR&Codif=TSB&Secteur=FRET
Salut Olivier,
je ne voudrais pas apparaître comme un optimiste aveuglé,
mais à la lecture de ton argumentation, tu devrais quand même te demander :
pourquoi en face de tous ces points aussi visiblement négatifs (de ton point de vue), il n’y a rien de positif pour tenter de justifier malgré tout ce qui peut bien convaincre ces quelques acheteurs?
Bonne journée.
Nicolas
Salut Nicolas, dans tout marché il y a des acheteurs et des vendeurs.Actuellement je suis négatif et peut-être aveuglé, mais j’essaie de faire le tri. Je ne trouve pas de positif aujourd’hui désolé. Par contre, je suis preneur si on peut m’en fournir car je déprime un peu en voyant le mur se rapprocher. bonne journée
On assiste tout simplement, à la dernière étape haussière des marchés avant une forte correction. Les derniers investisseurs rentrent en masse sur le marché après leurs vacances de peur de louper le train. dernier pilier à la tendance, la hausse se fait par des moutons auxquels les pionniers de mars-avril vendent leurs actions avec de juteux profits.
Un lien vers un article qui va dans le même sens que le vôtre :
http://www.debtdeflation.com/blogs/2009/08/20/it%e2%80%99s-hard-being-a-bear-part-one/
Cordialement.
à méditer. Apparemment nous serions décalés de 6 mois sur cette théorie.
http://www.daily-bourse.fr/analyse-Les-cycles-d-Armstrong-Une-pertinence-hors-pair-vtptc-7617.php
merci pour votre article. toujours un plaisir de vous lire.
Très bonnes réflexions. Cela fait plaisir d’entendre ce point de vue marginalisé par la valse des experts économiques chargés de prêcher la bonne parole dans les médias.
Pour ma part, quoique de caractère plutôt optimiste, j’aurais plutôt tendance à partager votre point de vue assez sceptique, voire catastrophiste, sur les événements à venir.
récupérer sur le site pro-at
pour info
CHOMAGE US 16%
Un responsable de la banque centrale américaine (Fed) a indiqué mercredi que les dégâts de la crise sur l’emploi aux Etats-Unis étaient bien plus forts que ne le suggéraient les chiffres officiels, reconnaissant que le taux de chômage réel du pays atteignait 16%.
S’il ne fait qu’exhumer des chiffres publiés chaque mois mais passés sous silence par le département du Travail, ce dirigeant, Dennis Lockhart, est le premier membre de la Fed à parler ouvertement du chômage réel au moins depuis l’automne 2008, qui avait vu les destructions d’emplois s’accélérer à un rythme effréné.
« Si l’on prend en compte les gens qui voudraient un emploi mais ont cessé d’en chercher un (les « travailleurs découragés », comme on les appelle, ndlr) et ceux qui travaillent un nombre d’heures inférieur à ce qu’ils souhaiteraient, le taux de chômage passerait des 9,4% officiels à 16% », a déclaré M. Lockhart lors d’un discours à Chattanooga, dans le Tennessee (Sud des Etats-Unis).
Ces deux catégories de personnes sont recensées chaque mois par le département du Travail, chargé de publier les chiffres officiels du chômage.
Mais les « travailleurs découragés » sont exclus de la population active et les personnes contraintes de travailler à temps partiel du fait de la conjoncture économique sont comptabilisées comme des personnes employées, ce qui fait que ni les uns ni les autres n’apparaissent dans le taux de chômage officiel.
Selon les derniers chiffres du ministère, celui-ci était de 9,4% fin juillet. Les Etats-Unis comptaient alors près de 15,5 millions de chômeurs « officiels », auxquels s’ajoutent environ 9 millions de personnes à temps partiel malgré elles, et près de 800.000 chômeurs « découragés ».
On pourrait allonger encore la liste avec quelque 1,5 million de personnes non comptées dans la population active bien que disant vouloir un emploi mais n’ayant pas pu en chercher un « activement au cours des quatre dernière semaines ».
La reconnaissance de l’ampleur réelle du chômage vient rappeler à quel point l’amélioration du marché de l’emploi sera capitale pour l’avenir de l’économie américaine alors que la Fed a identifié la persistance d’un taux de chômage élevé comme l’un des facteurs risquant de freiner le plus fortement, voire d’enrayer, la reprise fragile attendue désormais d’ici à la fin du mois de septembre.
Dans son discours de Chattanooga, M. Lockhart, qui dirige l’antenne de la Réserve fédérale à Atlanta, en Géorgie, Etat du Sud du pays durement frappé par la crise, reconnaît que le niveau du chômage est un « défi » mais va jusqu’à parler de « la possibilité d’une reprise sans emplois ».
Notant qu’il y a peu de chance de voir l’Etat fédéral prendre des mesures de relance budgétaire supplémentaires, sa marge de manoeuvre étant pratiquement consumée par la hausse vertigineuse du déficit, il a dit, autant qu’il semblait le souhaiter, que la détermination affichée par la banque centrale à maintenir longtemps son taux directeur à quasi-zéro était ce qu’il y a de mieux à faire.
Pour M. Lockhart, qui vote cette année au Comité de politique monétaire de la banque centrale, « cette politique devrait encourager les entreprises à être plus actives et faciliter des embauches supplémentaires ».
Mais un peu comme il en va de l’oeuf et de la poule, il estime que « le meilleur remède au chômage est le rétablissement d’une économie saine, équilibrée et croissante
combien seront-ils après l’hiver?
Bonjour et merci pour cet excellent article.
Petites questions :
Quel pourrait-être l’événement déclencheur d’un re-plongeon magistral?
Dans ce scénario, comment risquent de se comporter le $ et l’or ?
Merci pour votre point de vue.
beaucoup de facteurs peuvent déclancher cela, mais surtout et en particulier la psychologie des intervenants et le fait qu’ils seront tous investis (donc plus d’acheteurs pour soutenir…).
Une ou deux mauvaises nouvelles sur le fonds de cette reprise qui ne vient pas, etc et les intervenants vont vendre, il y aura des rebonds qui diront que ce n’était qu’une correction normale et réconforteront ceux qui seront toujours dedans.
Les baisses sont sournoises et lentes, c’est celles qui font le plus mal. Le krach fait mal une fois et c’est bref….c’est comme les pneus, les crevaisons lentes sont les plus sournoises.
Je pense que les événements déclencheurs pourraient être la difficulté de certaines banques centrales à boucler leurs appels de fond sur le marché quotidien.
En effet, tous les jours les banques centrales empruntent auprès des institutionnels pour faire tourner le budget des Etats. Il y a déjà eu une alerte pour la Banque Centrale Anglaise et la FED il y a quelques mois.
Les banques devraient alors remonter leur taux… ca serait la fin du crédit à taux 0….qui profite uniquement aux banques. Les entreprises empruntant à un taux bien plus important.
Les obligations d’entreprises sont à mon avis le placement à privilégier dans les prochains mois. J’oriente l’épargne de mes clients vers ce type d’actif.
ND
Oikonomia Conseils
…certains annoncent un krach boursier imminent en Chine, pourrait-il y avoir un effet domino avec les autres bourses ?
Les grandes lignes sont désormais connues,ne reste que le timing a analyser.
Quant aux obligations d’entreprise,il faut se méfier de celles qui ont réaliser de la croissance par LBO et verront leur CA plonger…entrainant avec elle chomage, banque etc……
Comment en phase de récession, une entreprise peut rembourser du 7% en obligations ? méfiance, méfiance…
Le GROS PROBLEME, le vivre à crédit, la « logique » de Bretton-Woods ?
La crise, quelle crise ?
Les dettes, quelles dettes ?
Les déficits, quels déficits ?
Les faillites, quelles faillites ?
Non, aboutissement (jusqu’à quelle limite ?) d’un NON SENS ABSOLU IMPOSE (imposé comme imposition et impôts, pourrez-t-on peut-être même dire….) à Bretton-Woods en juillet 1944….
Le gros problème (il y a quelque temps quelqu’un a dit : « Nous avons UN GROS PROBLEME » (sic)) est de vivre dans un système monétaire non viable avec une monnaie de réserve sans fondement (depuis au moins 1970), et même depuis les « accords » de Bretton-Woods en 1944.
En effet le « choix » en 1944 d’une MONNAIE D’UN SEUL PAYS COMME MONNAIE DE RESERVE ne pouvait que faire vivre (DE FAIT) ce pays avec des DEFICITS (et DONC à CREDIT) avec le risque de le rendre à terme, ou de le conforter, paresseux et belliqueux en lui permettant d’user et d’abuser du DROIT DE SEIGNEURIAGE. A l’époque, Keynes avait (paraît-il ?) déclaré que ce système portait en lui, dès sa naissance, le GERME DE SA PROPRE DESTRUCTION.
Cette conséquence, VIVRE EN DEFICIT, donc à CREDIT SUR LE DOS DE LA PLANETE, INELUCTABLE dés LE DEPART, est connue sous le nom de paradoxe (ou dilemme) de Robert Triffin, il a été exposé dès 1960. (nota : Le dilemme de Triffin ou paradoxe de Triffin tire son origine du système de Bretton-Woods, lequel rendait nécessaire le déficit de la balance des paiements des Etats-Unis pour alimenter le monde en moyens de paiement internationaux. Une telle situation contribue à un affaiblissement progressif de la confiance des agents économiques étrangers envers la monnaie de référence ; les besoins importants de l’économie mondiale en une devise fiable aboutissent donc paradoxalement à la perte de confiance envers cette monnaie).
Lors de sa conférence de presse du 04 février 1965 (extrait consultable sur le net et conférence complète visible sur le site de l’INA), le général de Gaulle avait parlé lui de PRIVILEGE EXORBITANT.
En usant et en abusant des PRIVILEGES qu’il procure à certains, ce non système a été poussé depuis 65 ans, jusqu’à l’extrême et jusqu’à l’absurde, et jusqu’à aujourd’hui avec les dérives (et mêmes les dérivés, c’est le cas de le dire) les plus inimaginables, les plus invraisemblables et avec des MONTANTS absolument ASTRONOMIQUES.
Donc la crise monétaire systémique que nous vivons, contrairement à ce que l’on voudrait presque nous faire croire, n’est pas une fatalité (en cette année de l’astronomie, ce n’est pas une météorite qui a percuté la terre), car en effet, tout ce qui doit arriver arrive… Comme l’a dit aussi Maurice Allais.
J’invite à lire (consultable sur le net) Robert Triffin (« Les comptes des Etats-Unis et leur impact sur le reste du monde », texte écrit en 1985), Maurice Allais («La Crise mondiale d’aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires», livre écrit en 1999), et aussi Le Monde Diplomatique (Manière de voir) en particulier les articles d’Ibrahim Warde, Christian de Brie, Gabriel Kolko, articles écrits pour certains DEPUIS… 1994, etc…. Et beaucoup d’autres (liste non exhaustive).
Mais le PRIVILEGE EXORBITANT a (entre autres)…..
……Permis aussi d’avoir la première armée du monde et ses à -côtés…. Le tout obtenu en partie à crédit bien entendu (nouveaux dilemmes….).
La crise de la dette, la « logique » de Bretton-Woods ?