BNS: On s’approche à nouveau du « floor »

Monsieur Jordan s’est exprimé dernièrement dans les médias.

Je cite le journal « Le Temps »:

« L’exposition du franc à la crise ukrainienne

lundi, 10.03.2014
Des crises telles que celle que traverse l’Ukraine déstabilisent les marchés financiers et compromettent la stabilité de l’économie mondiale. Selon Thomas Jordan, le président de la Banque nationale suisse (BNS), ces situations d’incertitude tendent à accroître la pression à la hausse sur le franc.

Jusqu’à présent, la crise a surtout affecté les marchés financiers et celui des matières premières, déclare le président de la BNS dans un entretien au Basler Zeitung de samedi. En outre, les devises des pays de la région concernée sont considérées comme sûres.

«S’il est possible de désamorcer le conflit bientôt, l’impact sera limité», ajoute M. Jordan. Les dangers de la crise ne sont toutefois pas à sous-estimer, d’autant que l’épicentre se trouve en Europe.

Malgré un renforcement significatif du franc suisse, la BNS n’est pas intervenue sur les marchés monétaires. Depuis septembre 2012, la BNS n’a pas eu à acheter de devises pour faire prévaloir le cours plancher, a-t-il rappelé. »

 

Et voici le graphique de l’évolution de l’EUR contre le CHF depuis deux ans.

eur-chf 12-3-2014

A votre humble avis, que penser de cette situation ?

Tout d’abord Monsieur Jordan se targue de n’avoir pas eu à acheter d’euros depuis 2012. Là je dis bravo, c’était bien joué.

Par contre, vendre quelques euros n’aurait pas été une mauvaise idée lorsque le cours de change était à 1.25 en lieu et place de garder l’équivalent de 218 milliards de CHF en euro ?

On se rapproche gentiment et dangereusement du fameux plancher. Pourquoi ?

J’ai tourné cela dans tous les sens car pour moi historiquement le USD était la valeur refuge, mais pas dans ce cas là.

En effet, après réflexion, je pense que les russes retirent l’argent des USA et d’Europe pour le mettre dans un pays stable, démocratique et sur une monnaie solide.

Ils n’ont pas l’embarras du choix et il est possible que ce soit la Suisse qui joue cette valeur de refuge. Désormais, en cas d’embrasement en Ukraine ou autre problème politique Monsieur Jordan aura du soucis à se faire.

 

Fallait y penser avant, non ?!?!?

 

 

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15 Responses to “BNS: On s’approche à nouveau du « floor »”

  1. Stephane dit :

    Vendre des quantités d’€ quand le cours était à 1.25CHF ne l’aurait pas fait rechuter plus tôt?
    Est-ce que le rôle de la BNS est de faire de la spéculation sur la valeur de l’€? Est-ce que cela ne va pas léser plein d’autre acteurs si la BNS réalisait des bénefices sur les opération en € alors qu’elle prend beaucoup moins de risques (ressources (presque) illimitées)?

  2. Oui chuter à 1.2450 ? ou même 1.24 ?
    Non la BNS a comme mission la stabilité des prix.
    La BNS prend des risques considérables je vous laisse relire mes articles sur le sujet

    http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns

  3. Stephane dit :

    Oui, elle prend des risques considérables, vous avez raison. Mais elle en prend beaucoup moins que n’importe quel autre acteur, non?
    Mon commentaire était plutôt dans ce sens: Cela ne pourrait pas lui être reproché vivement, si elle réalisait d’important bénéfices (achat à 1.2, vente à 1.25)? Ne doit-elle pas se borner à acheter à 1.2 et attendre (et espérer) que le franc soit nettement moins surrévalué, même si cela doit nécessiter beaucoup de patience?

  4. Lucas dit :

    Bonsoir,

    Non seulement la BNS prend énormément de risque mais elle le fait courir à tout le monde.

    De mon point de vue, non, on ne pourrait pas lui reprocher de vendre dans le vert, d’autant plus que ces bénéfices sont nécessaires aux cantons (principaux actionnaires de la BNS) pour fonctionner. La BNS fait courir bien plus de risque à tout le monde en refusant de réduire son exposition à l’EUR quand elle peut le faire à bon compte!

    Quant à votre dernière remarque la réponse est clairement non puisque la mission de la BNS est justement de garantir la stabilité des prix et que cela ne se fait justement pas en accumulant des devises de manière illimitée… Au contraire, à terme, un gonflement du bilan de la banque cebtrale ne peut qu’avoir une influence négative sur cette stabilité et elle se doit donc de le ramener à la normale dès que possible. Cela lui permettant par ailleurs de pouvoir agir à nouveau si nécessaire…

    Bref, je rejoins Olivier en ce qui concerne la BNS, on ne voit pas d’autres raisons que d’obscures volontés politiques qui puissent justifier ces choix…

    A suivre.

  5. Amora dit :

    On connaît la maxime : « Trop grandes pour faire faillite » (« Too Big To Fail »). La manière dont les gouvernants ont géré la crise provoquée par les banques débouche sur une nouvelle doctrine, qui peut être résumée par : « Trop grandes pour être condamnées ». Ou « Trop grandes pour être emprisonnées », si on traduit littéralement le nouvel adage qui fait florès aux États-Unis et au Royaume-Uni, « Too Big to Jail ». En effet, alors que le gouvernement des États-Unis a laissé la banque Lehman Brothers faire faillite en septembre 2008, aucune banque n’a été fermée, ne s’est vu retirer la licence bancaire, n’a été démantelée par décision de justice. Aucun dirigeant de banque n’a été condamné à une peine de prison. L’unique exception dans le monde occidental concerne l’Islande où la justice a condamné à des peines de prison ferme trois dirigeants de banque.

    Lire l’article complet sur le lien: http://www.bastamag.net/Delits-et-crimes-financiers

  6. JohnnyBoy dit :

    Entre 1980 et le début des années 2000, la composante « excédent de la balance commerciale » du PIB suisse oscillait très sagement dans une bande resserrée de 2-6%.

    Entre 2003 et 2008, avec l’arrivée de la monnaie unique, cette fameuse composante a littéralement explosée pour grimper dans une bande supérieure 8-12%, dans laquelle elle oscille depuis 2008. Cette ascension a été permise grâce à un euro qui s’est renforcé jusqu’en 2008 à plus de 1.65 CHF et qui a rendu les entreprises suisses très compétitives. La BNS tente tant bien que mal de garder cette composante dans cette bande supérieure à l’aide du taux plancher!

    Un retour à l’équilibre (c’-à-d. un excédent nul) est quasi inévitable… les pays importateurs ne peuvent pas s’endetter à l’infini. En conséquence, leurs monnaies doivent être dévaluées!!!

    Les entreprises suisses ont réussi depuis 2008, bien que l’euro se soit littéralement écrasé autour des 1.20 CHF, à maintenir leurs avantages compétitifs (grâce à l’innovation!). En conséquence de quoi l’excédent de la balance commercial est resté dans sa bande 8-12%! On peut dire bravo à nos entreprises, elles ont réussi un exploit étant donné à situation mondiale!!! Bien entendu, elles ont bénéficié d’un petit coup de pousse de la BNS… Mais le crash de l’euro était bien trop rapide et les entreprises n’auraient jamais réussi à s’adapter aussi rapidement.

    Historiquement, la Suisse est plus compétitive que beaucoup de pays (les fameux PIGGS entre autre). L’inflation y est aussi bien plus faible (merci à notre banque centrale qui fait un bon boulot!). Les tensions sur le CHF ne vont de toute évidence pas se détendre, bien au contraire! Le maintient dans la bande supérieur 8-12% continuera à peser sur le taux de change!

    Données à l’appui, je pense pouvoir dire, sans trop de prétention, que tous les grands économistes et autres analystes qui prédisaient un EUR/CHF de retour à 1.30-1.40CHF n’ont pas compris grand chose! Ils ont d’ailleurs bien sous-estimé le pouvoir magnifique des suisses à innover!!!!!

    En ce début d’année, les nouvelles concernant nos exportations sont bonnes, elles repartent enfin… On les annoncent en croissance! Et donc avec une certaine logique, l’EUR/CHF se tend!

    Bref, je fais le pari que la BNS devrait annoncer d’ici quelques mois la fin du taux plancher (le temps de confirmer le trend sur les exportations?)! Comme l’a dit de nombreuses fois Olivier, elle ne peut pas gonfler son bilan indéfiniment! Le risque ne serait plus acceptable!

    Pari prit :-)

    A+
    JohnnyBoy

  7. JRM dit :

    Et si la BNS avait acheté de l’or en vendant ses euros, elle ferait aujourd’hui un super-bénéfice qu’elle pourrait distribuer au cantons.

  8. j.a.cRAMER dit :

    à voir les super bénéfices faits par la Fed dont une partie est payée au Trésor U.S.ne pourrait on attendre la même chose de la BNS pour compenser les pertes faites sur l’or qui espérons le n’ont pas été réalisées mais gardées sur les livres dans l’attente d’une immanquable montée des prix du métal-roi?J.A.C.

  9. Amora dit :

    Mikhaïl Khodorkovski a déposé une demande d’autorisation de séjour auprès du canton de Saint-Gall. Il souhaite vivre à Rapperswil-Jona, au bord du lac de Zurich. Sa femme et ses deux fils vivent déjà depuis longtemps en Suisse. Les enfants fréquentent une école dans le canton de Saint-Gall. Avec quel argent? Et cet oligarque devenu « par miracle » milliardaire, après avoir financé d’autres oligarques russes opposés à Poutine, mais aux mêmes méthodes de voyoux pour voler l’argent des autres et de l’Etat russe, ce Monsieur se permet de soutenir l’Ukraine et ses fanatiques de droite de la place Maïdan en allant se pavoiser là-bas…., après y avoir gagné de l’argent sur le dos du pays ukrainien via son ex société Yukos pendant des années…

    Ce qui m’inquiète, c’est la passivité de la diplomatie suisse qui ne voit pas le danger de sa « neutralité ». Il faut croire que l’argent n’a tellement pas d’odeur et que son odeur est si imperceptible qu’elle en devient plus que… neutre…

    Vive les contribuables de Saint-Gall? Et notre Président qui met tant d’ardeur dans sa présidence de l’OSCE; il y a comme un paradoxe. Tout fout le camp… ;)

    Lire l’article de 24 heures: http://www.24heures.ch/suisse/khodorkovski-veut-s-installer-bord-lac-zurich/story/18285633

  10. Amora dit :

    A propos de l’Ukraine: tiré de l’article de Charles Gave, économiste français.

    « L’Europe va mal, très mal.
Or cette Europe a été voulue et créée de toutes pièces par ceux la même qui hurlent le plus fort aujourd’hui pour « soutenir » les Ukrainiens. 
 Ce sont ces mêmes gens en effet qui depuis des mois soufflent sur la braise à Kiev, en assurant les manifestants dans la rue qu’ils sauraient les soutenir le moment venu.

    Le problème est qu’ils n’ont ni les moyens militaires, ni les moyens financiers d’aider en quoi que ce soit, qu’ils le savent parfaitement, de même qu’ils savent aussi que les Etats Unis n’ont aucune intention de faire quoique ce soit. Monsieur Obama, qui n’est pas un foudre de guerre et qui ne fait peur à personne n’a pas été en Syrie, ce n’est pas pour aller en Ukraine… Et que l’on vienne pas me parler du caractère sacro saint des frontières. Dans l’histoire du Kosovo, on a parfaitement transmis la souveraineté du Kosovo aux Albanais, majoritaires, comme très probablement on transmettra la Crimée à la Russie, au nom du Droit des Peuples à disposer d’eux mêmes, puisque les Russes y sont majoritaires.[...] »

    Lire l’article en entier ici: http://institutdeslibertes.org/a-propos-de-lukraine/#comments

  11. Amora dit :

    Pour celles et ceux qui ne connaissent pas la Crimée, voilà quelques photos sur le lien.

    Dès qu’on s’éloigne de Cap Megan, on découvre une steppe vallonnée ou semi-désertique, dépourvue d’eau, à un point qu’on ne peut même pas imaginer et sur dix kilomètres, la route présente des contreforts verdoyants sur lesquels les vignobles s’étendent jusqu’à l’horizon! A 15 minutes du paysage poussiéreux Meganom vous obtenez le paradis des paysages de Aysavskoy Valley, la Vallée des Roses. C’est le Prince Golizin qui les a créés! Voir la cave de Novyj Svet (Nouveau Monde; catalogue en anglais ou en russe:http://lk-wines.com/katalog/23/39/) où l’on produit du champagne rosé excellent! De bons souvenirs de la Vallée des Roses… :) http://aquatek-filips.livejournal.com/666754.html

  12. BA dit :

    A propos de l’Espagne :

    2007 : dette publique de 382,307 milliards d’euros, soit 36,3 % du PIB
    2008 : dette publique de 40,2 % du PIB
    2009 : 54 % du PIB
    2010 : 61,7 % du PIB
    2011 : 70,5 % du PIB
    2012 : 86 % du PIB
    2013 : dette publique de 960,640 milliards d’euros, soit 93,9% du PIB

    Espagne : record de la dette publique fin 2013.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/03/14/97002-20140314FILWWW00103-espagne-record-de-la-dette-publique-fin-2013.php

    A propos de l’Italie :

    2007 : dette publique de 1605,1 milliards d’euros, soit 103,3 % du PIB.
    2008 : dette publique de 1671 milliards d’euros, soit 106,1 % du PIB.
    2009 : 116,4 % du PIB.
    2010 : 119,3 % du PIB.
    2011 : 120,8 % du PIB.
    2012 : 127 % du PIB.
    2013 : 132,6 % du PIB.

    Italie : record de la dette publique fin 2013.

    Recul du PIB italien et envolée de la dette.

    La dette publique italienne, la deuxième de la zone euro rapportée au PIB après celle de la Grèce, a inscrit un nouveau record, à 132,6 % du PIB en 2013, précise l’institut national de la statistique Istat, après 127 % en 2012.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/03/03/recul-du-pib-italien-et-envolee-de-la-dette_4376655_3234.html

  13. Amora dit :

    La Suisse viole son principe de neutralité et cet esprit moutonnier qui impose à l’Europe entière d’être le vassal des Etats-Unis m’exaspère. Les graphiques parlent d’eux-mêmes.

    La Suisse gèle les négociations de libre-échange avec la Russie: http://www.rts.ch/info/suisse/5704187-la-suisse-gele-les-negociations-de-libre-echange-avec-la-russie.html

  14. Amora dit :

    La BNS s’y retrouvait puisque la Russie achète du franc suisse CHF. Nos politiques sont des incapables et des trouillards.

  15. Vincent dit :

    Vraiment d’accord avec Amora.
    Je suis ce soir immensément déçu.