Allo BNS Tango Charlie répondez, nous vous cherchons

Ce matin une musique me trotte dans la tête. Mort Shuman chantait Allo Papa Tango Charlie

 

La Bravo November Sierra (BNS) semble vouloir se perdre dans le triangle des monnaies.

Pour mémoire mes articles sur la BNS et les risques « AHURISSANTS » que cette banque centrale prend avec son bilan démesuré: http://blog.crottaz-finance.ch/?tag=bns

Je me heurte souvent à:  » c’est génial ce que la BNS a fait, elle a sauvé les entreprises exportatrices car sans ce taux plancher floor (qui n’est pas un PEG, je le rappelle) elle a permis de sauver des emplois, etc. Oui je veux bien admettre qu’il fallait endiguer la chuter de l’euro, mais ce mettre à accumuler des euros en quantité totalement hors norme semble un pari très très risqué. Pari qu’elle continue de jouer lorsque que le cours de change se retrouve à un taux de 1.25 CHF pour 1 EUR,  et que la BNS ne vend pas un seul euro !

Comme je l’ai souvent rédigé, le bilan de la BNS dépasse (en terme de PIB) toutes les autres banques centrales (la grenouille et le bœuf vous connaissez je pense).

Il y a peu la BNS a pleuré en début d’année car la perte (comptable) 2013 était de 9 milliards, perte surtout imputable à la baisse de l’or:

Enregistrant 9 milliards de pertes, la BNS ne versera pas de dividendes

Je résume les chiffres de l’article:

– moins value de 15 milliards sur l’or

– Bénéfice de 3 milliards sur les devises étrangères et 3 milliards sur la vente du fonds de stabilisation Stabfund

– Malgré la perte de 9 milliards de CHF, la BNS a attribué 3 milliards au fonds de réserve (ah bon ! quel superbe comptable) pour arriver à un résultat (perte) 2013 de – (moins) 12 milliards de CHF.

Je vous laisse donc lire le magnifique article de Liliane Held-Khawan: Le mécanisme qui a permis la suppression des dividendes de la Banque Nationale Suisse qui démontre comment on peut avoir un compte de réserve de dividendes qui passe à -(moins) 5 milliards.

Mais mon propos du jour concerne les DEVISES !

Si je résume,

1) Le vilain métal précieux qui a passé de CHF 48’763 le kilo au 31.12.2012 à CHF 34’107 le kilo au 31.12.2013. Cette baisse a pesé pour 15 milliards de pertes sur l’année 2013 (source: BNS http://www.snb.ch/ext/stats/statmon/xls/fr/statmon_O3_M1.xls)

2) Les gentilles devises (bilan de la BNS)

  • Le Dur dollar (passé de 0.9153 au 31.12.2012 à 0.8908 au 31.12.2013 soit 2.45% de baisse sur la contre valeur de 115 milliards de CHF placé USD, soit un peu plus de 2.8 milliards de CHF de perte comptable)
  • Le Doux Euro (passé de 1.2072 au 31.12.2012 à 1.2264 au 31.12.2013 soit 1.59% de hausse sur 218 mias de CHF en Euro équivalent à 3.5 milliards de CHF de profit))
  • Le Dingue Yen (passé de 1.0631 au 31.12.2012 à 0.8482  au 31.12.2013 soit 20.2% de chute sur 35 milliards au bilan soit 7 milliards de perte)

Pouvez-vous m’expliquer comment la BNS arrive à 3 milliards de profit sachant que ces trois devises représentent 83% du total de 442 milliards de devises. Les intérêts sont à ajouter (6 mias en 2013 on peut estimer de même et 1 milliards sur les dividendes et les taux bas ont octroyé des gains de cours 2 mias (estimations basés sur 2012 puisque le rapport détaillé va paraître le 7 mars prochain).

Ainsi ce que la BNS appelle  les devises ont rapporté -2.8+3.5-7+7+1+2= environ 3 milliards de CHF on y arrive ! (je voulais comprendre).

Le cadre est posé, parlons de 2014

  1. Le vilain métal jaune de 2013 se transforme aujourd’hui en gentil car depuis le début de l’année on assiste à une remontée qui rapporte (à aujourd’hui 4-3-2014) un gain de 3.9 milliards (34’107 CHF le kilo au 31.12.13 à aujourd’hui 37’905 pour un total de 1’040 tonnes d’or)
  2. Les gentilles devises
  • Le USD passe de 0.8908 à 0.8843 soit 0.7% de baisse
  • L’Euro de 1.2264 à 1.2173 soit 0.7% de baisse
  • Le yen de 0.8482 à .8680 soit 2.3% de hausse

Cet immense article pour dire qu’on peut faire dire presque ce qu’on veut aux chiffres et surtout au moment où c’est le plus arrangeant. La BNS a fait peur aux gens en parlant de la chute de l’or (en occultant totalement le fait que les années précédente l’or avant rapporté beaucoup d’argent).

Le BNS craint la prochaine votation populaire sur l’or de la BNS (http://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis415.html) car devoir posséder 20% des actifs en or signifierait que la BNS doit soit vendre des actifs, soit acheter de l’or (actuellement l’or ne représente que 40 milliards sur 443 du bilan. La BNS devrait normalement acheter 1’000 tonnes d’or)

SNB-Reserves-vs_-EURCHF

MAIS MA QUESTION PRINCIPALE RESTE:

QUE VA FAIRE LA BNS SI LE COURS DE CHANGE DE L’EURO RECHUTE A 1.20 ? En acheter encore et encore….

eur chf une année 4-3-2014 eurchf depuis debut 2014 au 4-3-14

 

Si les devises baissent de 5%, la BNS va essuyer une perte de 20 milliards ! Mais cela n’arrivera pas (qu’on dit) car elle va se gaver d’euro à 1.20…..

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16 Responses to “Allo BNS Tango Charlie répondez, nous vous cherchons”

  1. Gaspard dit :

    Il faudrait une initiative pour que ce soit le conseil fédéral qui régisse complètement la BNS, en plus de celle pour l’or!

  2. @Gaspard. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je rappelle que les actionnaires sont pour 1/3 les cantons, 1/3 les banques cantonales et 1/3 des privés. Ils n’ont rien à dire. Quant au conseil fédéral je doute de ses capacités à gérer la BNS

  3. Gaspard dit :

    @Olivier
    Ok, mais alors c’est seulement la BNS qui peut « choisir » si elle continue à acheter des euros, sans concertation avec le conseil fédéral ou une autre instance du gouvernement?

  4. oui je vous conseille le blog de madame Viviane Held comme base de lecture. Ils font ce qu’ils veulent. La mission première est la stabilité des prix……

  5. Bless Philippe dit :

    La BNS a mis à charge de la baisse de l’or ses pertes de 2013. A-t-elle mis au bénéfice tout au moins une partie de ses résultats lors de la hausse du lingot entre 1999 et mi-2012? Durant cette période le prix est tout de même passé de Fr. 12000.- à Fr. 53000.-, soit environ +340%. Je connais peu de monnaies fiduciaires qui ont présenté ce genre d’avantage. Finalement, même avec la baisse depuis 2012 le lingot présente une « modeste » plus-value de 216%. Le SMI lui est brillamment resté « flat » durant cette période.
    Dans notre société il faut apprendre à relativiser les péroraisons des politiciens, des économistes et des masses média,….entre autre.

  6. merio dit :

    Dès qui vendent le moindre euros le taux se rapproche de 1,2,je crois que le franc est encore très demandé pour l’instant, à voir avec les prochain contrecoups du 9 février.

  7. Yaroslav dit :

    Si la BNS, au lieu d’émettre des CHF et de les échanger contre des devises étrangères, achetait ostensiblement de l’or on serait nettement moins dans la M… En effet, l’or évolue exactement comme la BNS voudrait voir le CHF évoluer (rupture à la hausse, baisse pour permettre une mise à niveau des prix à l’export et une modération de l’économie suisse et ceci juste avant le début de la crise 2014 (qui est là et dont personne ne parle), puis reprise en dessous du niveau de rupture. Avec ces acquisition, on ne serait pas exposé à une récession brusque, comme on l’est en ce moment (brusque parce qu’on nie cette récession et qu’au moment où le marché réalisera la situation, cette fois ce sera l’économie intérieure qui plongera. Maintenant que la Suisse voit l’Ukraine sauvée par Barosozo, la BNS pourrait acheter des grivn, comparés au dollar, le grivn n’est pas cher !

  8. JRM dit :

    L’achat de devise avec des CHF tout neufs revient à donner de la monnaie suisse à des détenteurs non nécessairement favorables à la Suisse, par exemple à des gens prêt à spéculer contre notre monnaie. En faisant vendre des francs suisses par des détenteurs institutionnels sous gestion, un banquier étranger peut jouir d’un incroyable effet de levier. Il lui suffit, pour s’enrichir à la baisse du CHF qu’il peut ainsi provoquer, de prendre des futurs contre le francs suisse. Et le tour est joué. Par contre, en achetant de l’or, cet inconvénient n’existe pas et l’évolution du cours de l’or est en harmonie avec un principe bizarre propre à la Suisse : plus la monnaie monte, plus la balance économique est bonne. Et comme l’or monte en cas de crise, la Suisse peut se prémunir contre l’effet des crises en obtenant une balance économique soutenue sans avoir à intervenir contre des monnaies gigantesques que sont le dollar ou l’Euro. Inversement, la baisse de l’or en cas de hausse de la conjoncture mondiale favorise les exportations tout en pesant sur les importations, ce qui empêche la surchauffe intérieure.

  9. BA dit :

    Le cadre maximal de la solidarité est le cadre national.

    La solidarité supranationale, ça n’existe pas.

    Il n’y a aucune solidarité entre les pays européens.

    La zone euro va exploser. La seule question est : « Quand ? »

    Jeudi 6 mars 2014 :

    La Grèce exige des réparations de guerre de l’Allemagne.

    http://www.lemonde.fr/europeennes-2014/article/2014/03/06/la-grece-exige-des-reparations-de-guerre-de-l-allemagne_4378951_4350146.html

  10. merio dit :

    Les premiers contrecoups du vote du 9,le taux de chômage reste stable à 3,5% alors que le nombre de chômeurs baisse de 3,5%,seul solution pour que le taux reste identique alors qu’il y a moins de chômeurs c’est que la population active baisse dans la même proportion que les chômeurs,c-à-d de 3,5%,ce qui représente environ 150’000 personnes active de moins,à prévoir une récession en Suisse dans les prochains mois.C’est mon avis!

  11. archanonyme dit :

    | Il faudrait une initiative pour que ce soit le conseil fédéral
    | qui régisse complètement la BNS, en plus de celle pour l’or!

    Je dirais plutôt le parlement, et que l’achat de devise ou le changement de taux planché, du taux fractionnel, soit votée par le parlement et ce en cours d’année à chaque trimestre.

    * Franchement de gérer une banque central c’est vraiment pas compliqué (enfin, il aura toujour dès pour dire que c’est compliqué mais ceux la sont des vendu et des frustrés qui ont besoin de passer pour plus malin qu’ils sont, et de faire peur aux gens, des gros des gros manipulateurs en puissance) a bonne entendeur :)

  12. BA dit :

    Pour le nouveau président de la Commission européenne, Angela Merkel impose Juncker comme candidat du PPE.

    L’ancien Premier ministre luxembourgeois a été désigné comme candidat par les conservateurs européens réunis à Dublin. Un choix issu de la volonté de Berlin.

    Encore une fois, Angela Merkel aura eu le dernier mot. A Dublin, les délégués du Parti populaire européen (PPE) ont élu l’ancien premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, par 382 voix contre 245 au Français Michel Barnier. Plus d’une centaine de délégués ont refusé de prendre part au vote et n’ont donc pas osé aller à l’encontre de la consigne de vote de la chancelière allemande.

    http://www.latribune.fr/blogs/la-tribune-des-europeennes/20140307trib000818836/merkel-impose-juncker-comme-candidat-du-ppe-aux-europeennes.html

    Vendredi 7 mars 2014 :

    L’immobilisme de la BCE profite à l’Allemagne.

    En choisissant de ne rien faire jeudi, la BCE a surtout défendu les intérêts de Berlin. Au détriment de ceux de la zone euro en général.

    Le gagnant : l’Allemagne.

    Il y a cependant des gagnants à ce jeu dangereux de la BCE : c’est l’Allemagne. Les exportations allemandes sont très clairement immunisées à ce niveau de l’euro. Bien au contraire, une hausse de la monnaie unique renchérit la valeur des exportations. Parallèlement, les importations demeurent toujours bon marché et la faible inflation fait pression sur les salaires, ce qui, au moment où l’Allemagne va introduire le salaire minimum est une bénédiction pour les entreprises outre-Rhin. Déjà l’an passé, l’Allemagne a connu un recul des rémunérations de 0,1 %. Pour être clair : le choix de la BCE soutient le modèle économique allemand au détriment de celui des autres économies de la zone euro.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140307trib000818826/l-immobilisme-de-la-bce-profite-a-l-allemagne.html

    Dès sa naissance, l’euro était une monnaie allemande, acceptée par l’Allemagne à condition qu’elle soit adaptée à la démographie de l’Allemagne, à condition qu’elle soit adaptée à l’économie de l’Allemagne, à condition qu’elle serve l’intérêt national de l’Allemagne.

    Dès la naissance de l’euro, l’Allemagne a toujours imposé une politique monétaire adaptée à l’intérêt national de l’Allemagne.

    Quant aux élites des autres pays européens, elles acceptent de suivre la politique de l’Allemagne.

  13. xoxo dit :

    juste une remarque sur les fantasme de l’or vendu !! Si on calcul le prix de vente a env 700$ et un $ a 1,2 la BNS a vendu son or a env. 840 frs/once au plus haut l’or valait 1800$ mais le $ 0,72 Frs soit 1’296 frs/ once on voit que ramené en CHF le gain passe de 157% (en$) à 54% en (CHF) Si on aurait pu thèoriquement gagné 50% de + mais le CHF aurait été plus haut (on ne peut pas avoir une masse monétaire à 400 miards avec en caisse 600 miards) donc le franc serait monté pénalisant ainsi les exportations bien plus qu’actuellement) En bref gardé ou racheté de l’or en CHF revient a changé lefranc en un fond de placement sur l’or Donc si le franc monte comme l’or au final l’or détenu par la BNS reste toujours ua même prix

  14. BA dit :

    En Europe, les banques ne se font plus confiance entre elles.

    En Europe, les banques savent qu’elles sont en faillite. Conséquence : les banques européennes refusent de se prêter de l’argent. Les prêts interbancaires s’effondrent.

    La question est : « QUAND aura lieu l’effondrement du système bancaire européen ? »

    Dimanche 9 mars 2014 :

    Les prêts internationaux ont continué de chuter au 3e trimestre 2013.

    Les créances transfrontalières ont continué de se contracter au troisième trimestre 2013, notamment face à l’asséchement des prêts interbancaires en particulier dans la zone euro, a indiqué dimanche la Banque des Règlements Internationaux (BRI).

    L’institution sise à Bâle, en Suisse, a mis en lumière une diminution prononcée de l’activité interbancaire transnationale dans la zone euro (-4,2%) mais aussi au Royaume-Uni (-7,8%).

    Le financement interbancaire international a été très touché par la crise financière de 2007-2009 et les tensions qui l’ont suivie dans la zone euro, a pointé la BRI.

    Depuis fin mars 2008, les prêts entre les banques d’un pays à l’autre se sont réduits de 5.700 milliards de dollars, pour tomber à 17.000 milliards à la fin du troisième trimestre 2013, a-t-elle quantifié.

    «Cette contraction est imputable, pour les deux-tiers, aux banques dont le siège se trouve dans la zone euro, et pour la quasi-totalité du troisième tiers, aux banques suisses», a indiqué la BRI dans un communiqué.

    http://www.liberation.fr/economie/2014/03/09/les-prets-internationaux-ont-continue-de-chuter-au-3e-trimestre-2013_985676

  15. Amora dit :

    UBS et Credit Suisse ne paient plus d’impôts depuis cinq ans… : http://www.bilan.ch/argent-finances/ubs-et-credit-suisse-ne-paient-plus-dimpots-depuis-cinq-ans

  16. Kermit dit :

    Salut Olivier,
    Bon … toujours rien compris !?
    Une banque centrale n’est pas la pour gagner de l’argent QU’ELLE FABRIQUE A PARTIR DE RIEN !
    c’est vrai pour la FED, pour la BCE, la BOJ mais aussi et surtout pour la BNS – point !

    La comptabilité ne s’applique pas aux banques centrales car celle-ci n’ont pour but que de gérer la dualité entre la confiance que la multitude apporte à leur monnaie et la limitation de la variabilité (à la hausse comme à la baisse dans le cas de la BNS) de celle-ci par rapport aux autres devises – repoint !

    Les cris d’orfraies concernant la taille ou la forme des bilans des Banques centrales n’ont aucun intérêt et une ligne de devise positive dans le cas de la BNS ne signifie qu’une perte de valeur du Franc Suisse par rapport à la monnaie en question – point final !

    Merci d’imprimer et de comprendre cela afin d’éviter la rédaction billets à l’intérêt nul – au coté d’autres billets très intéressant au demeurant et pour lesquels je vous remercie.