La monnaie fiduciaire injectée rapportée à l’échelle de l’or

mai 18th, 2012

A ma remarque concernant les rumeurs de vente d’or de la part de la Grèce, Espagne etc. (dont les détentions se trouvent ci-dessous (source World Gold Council))

 

Léonard me répond:

« Les Grecs ont 111 tonnes d’or. à 47’000.-/kg cela fait 5,2 milliards de CHF donc 4,3 milliards d’euros… On ne va pas loin avec ça!!! Même si la rumeur est vraie, ces 111 tonnes vont très vite se diluer. On a vu pire que ça avec les ventes d’or du FMI (qui avait été racheté par l’Inde et le Sri Lanka si j’ai bonne mémoire).
J’avais écrit un article en 2010 qui expliquait qu’au prix de $900 l’once, les banques centrales avaient injecté l’équivalent de 173’000 tonnes d’or dans le système pour relancer l’économie mondiale. Y a pas à dire, la monnaie fiduciaire est une formidable invention!
Pour l’Espagne nous avons 281 tonnes et pour l’Italie, le montant serait plus élevé (2451 tonnes = 100 milliards d’euros) mais paraît toujours faible en regard aux plans de soutien pour la zone euro. Et puis, l’Italie a une longue histoire avec l’or, je ne pense pas que ces ventes feraient l’unanimité, même s’ils se retrouvent acculés comme les Grecs. Une sortie de la zone euro serait beaucoup moins dommageable si le pays dispose encore de solides réserves d’or pour donner de la crédibilité à sa nouvelle monnaie. »
Comme quoi l’homme repoussera toujours les limites de la création monétaire, jusqu’à ce que cette monnaie fiduciaire ne valle plus rien dans les yeux de celui qui la détient.
« C’est avec fureur que les croyants brisèrent les statues de leurs anciens dieux »(Gustave Lebon, Psychologie des foules)

Billet invité: Les graphiques de Léonard Sartoni

mai 17th, 2012

Dans un récent commentaire, notre ami Léonard avait indiqué quelques niveaux techniques, mais ne pouvait y joindre des graphiques.

Voici donc l’intervention et les graphiques:

« La réputation des Chinois d’être des suiveurs de tendance semble être confirmée depuis plusieurs jours, puisqu’ils accentuent clairement la tendance, alors qu’habituellement tout se passe depuis les marchés de Londres et New-York (surtout New-York!)

Je rappelle pour les non initiés que la Banque centrale chinoise ne se fournit pas sur le marché de l’or papier, donc cela ne veut pas dire que la Banque centrale chinoise n’achète plus d’or!

Depuis que je suis le marché de l’or (2002), cette baisse est la plus étrange qui soit! Le niveau  de survente par l’indicateur RSI est le plus bas en journalier depuis le début de ce marché haussier!! Il vient de dépasser la survente qui existait par trois fois durant la panique de 2008. En hebdomadaire également nous sommes très proches du niveau panique de 2008. Le ratio XAU/S&P500 qui compare la performance des mines relativement à l’indice des actions américaine S&P500 montre une sous-performance énorme des mines d’or, qui montre un creux aussi impressionnant que durant 2008, et ce malgré une tendance de long terme haussière. En clair, à leur niveau actuel les mines d’or ne font pas mieux que les actions US depuis 2004. Le ratio XAU/OR arrive proche de son pic de baisse panique de 2008. Dommage je ne peux pas poster tous ces graphiques… Ils sont parlants.

Pour moi, tout ceci trahit un énorme mouvement de panique hors du marché de l’or. Un véritable épisode de défenestrations. Les gens veulent sortir à tout prix, et tout de suite, persuadés que le marché va s’effondrer avec l’Europe d’ici peu. Il y a des Chinois, des Américains ou des Européens qui ne connaissent rien aux indicateurs techniques  et qui choisissent de sortir simplement parce que le prix baisse, ou simplement parce que le prix est arrivé à un seuil au-delà duquel ils ne sont plus solvables et doivent vendre leurs positions (cela arrive avec les effets de levier).

Ce genre de situation se retrouve fréquemment durant les sommets intermédiaire. On sait que les indicateurs techniques sont tous au rouge vif mais on achète quand même parce que l’on a peur que le prix ne continue de grimper sans nous et parce que l’on est persuadé que le juste prix est beaucoup plus haut. La cupidité commande d’acheter. Dans un marché haussier, il est plus fréquent de voir les indicateurs techniques périodiquement se trouver en surachat extrême que de les voir en situation de survente extrême. Dans un marché baissier c’est l’inverse. La peur commande de vendre régulièrement, mais les indicateurs techniques se trouvent moins longtemps en situation de survente, car les grosses poches et l’argent intelligent, qui sait que le juste prix de l’or est plus élevé, profitent de l’occasion pour accumuler. Cela crée des paliers de plus en plus élevés.

Je voyais le palier de cette correction plus élevé, mais la panique actuelle des vendeurs sur le marché de l’or surpasse temporairement la puissance des acheteurs. Bonne affaire pour eux de toute façon. Avec les dégâts techniques causés, cela freinera d’autant le départ de la nouvelle impulsion de hausse et on pourra acheter plus longtemps de l’or à prix cassé. Mais attention : avec des indicateurs pareillement survendus autant en journalier qu’en hebdomadaire, et avec des ratios clés pareillement poussés à leur extrême, le rally qui devrait suivre risque de faire mal à ceux qui sortent du marché aux prix actuels !!

Fondamentalement, rien n’a changé, à moins qu’un nouvel épisode de deleveraging et de brève déflation ne se produise, comme en 2008… avant l’intervention massive des banques centrales pour relancer la machine, à des niveaux plus hauts encore qu’en 2008!

Fondamentalement les problèmes de l’euro sont un facteur haussier pour l’or en tant que monnaie alternative que l’on ne peut pas dévaluer sur commande. Mais temporairement la panique amène de l’eau au moulin du dollar. Ce réflexe qui a porté ses fruits durant les crises monétaires passées (Mexique, Argentine, etc) alors que les Etats-Unis se trouvaient en période faste et que la dette ne les avait pas encore rattrapé. En 2012, vouloir se réfugier dans le dollar est devenu beaucoup plus risqué, étant donné les problèmes d’endettement que les USA vont devoir affronter d’ici quelques années. Mais ceux qui quittent le marché de l’or dans l’urgence aujourd’hui, et qui renoncent du même coup à leur assurance contre les « incendies monétaires », ne semblent pas s’en soucier… »

 

Merci à Léonard

J’ajoute que dans l’édito des matières premières, deux articles sont parus dont notamment un avec des idées de mines, notamment petites exploratrices. Il y en a une avec un risque politique très faible (Canada) qui pourrait être très très intéressante.

A vous de la trouver..

http://edito-matieres-premieres.fr/mines-or-signal-achat-historique-1/

http://edito-matieres-premieres.fr/mines-or-opportunite-achat-historique-dans-une-crise-historique-2/

 

UBS, 600 milliards et merci Myret Zaki

mai 15th, 2012

Le dernier livre de d’Antoine Peillon (frère de Vincent Peillon du PS proche de François Hollande)

tape (un de plus) sur les banques suisses et notamment sur l’UBS.

Personne (sauf UBS) ne s’offusque de cette cabale et de cet acharnement sur le petit pays que nous sommes.

Soyons clair, je ne cautionne absolument pas ces procédés, mais il faut relativiser.

Cela me rappelle une devise des Shadocks

 

Personne (ou si peu) n’attaque les paradis offshore en Angleterre ou les sociétés opaques aux Etats-Unis d’Amérique et j’en passe…

Heureusement Myret Zaki recadre:

Les services secrets ont espionné UBS. Mais pas un mot sur les banques françaises

                    Par Myret Zaki, le 9 mai 2012

Cher Antoine Peillon, Vous avez signé cette année l’ouvrage Ces 600 milliards qui manquent à la France, réquisitoire qui se veut très fouillé contre les pratiques d’UBS France en matière d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent. Vous avez refusé de répondre à mes questions au motif que j’étais plutôt critique à l’encontre de ce livre. En préface, vous faites pourtant l’éloge du courage. Passons. Tout d’abord, comment se fait-il qu’à nul moment vous ne mentionniez le rôle des banques françaises dans l’évasion fiscale hexagonale? Si UBS était responsable de 3% des montants évadés de France chaque année, qui fait sortir les 97% restants? Qu’ont à dire vos informateurs si zélés des services secrets français à ce sujet? Pas un mot. Le magazine Marianne a pourtant démontré en 2009 que les banques françaises avaient domicilié 532 milliards d’avoirs de clientèle dans des places offshore, dont seulement 12% en Suisse, et le double dans les Caraïbes. Il s’avère que l’essentiel passe par des juridictions de droit anglo-saxon et non par la Suisse; mais pour saisir cela, il faut déjà avoir conscience que le secret bancaire a été détrôné depuis une quinzaine d’années par les sociétés (LLC) et trusts des places anglo-saxonnes qui sont devenus, en réalité, les outils de loin les plus privilégiés pour l’évasion fiscale des Français les plus riches, comme l’a révélé l’affaire de la succession Wildenstein. Et comme vous omettez cet aspect, vous proposez que la France taxe à 30% ou à 50% les avoirs déposés hors des frontières, sans vous douter que ce qui est détenu dans des trusts est justement intaxable et échappe même, pour les plus confidentiels d’entre eux, à toute forme d’échange d’informations fiscales.

Entretenir le mythe sulfureux du compte suisse

Ensuite, le livre parle du passé, sans jamais dire combien la situation a été bouleversée depuis 2009. Vous y dévoilez des activités douteuses d’UBS France entre 2002 et 2007, et vous indignez de l’immunité dont jouirait la banque suisse en France, grâce à la complicité des hautes sphères politiques françaises. Or on a assisté à la tendance exactement inverse, depuis trois ans. La France, comme le reste de l’UE, s’est faufilée dans la brèche américaine pour vider la Suisse (et uniquement elle) de ses comptes gris à une rapidité fulgurante. C’est simple, avant que vous ne commenciez votre enquête, le marché offshore français n’existait plus en Suisse. Savez-vous que le 13 mars 2009, la Suisse a formellement renoncé à son secret bancaire international? Et qu’aujourd’hui les clients français doivent s’auto-déclarer, tandis que des banques n’acceptent plus cette clientèle? Vous répétez des dizaines de fois qu’UBS est la plus grande banque de gestion de fortune. Mais c’est Bank of America qui occupe ce rang, depuis qu’elle a fusionné en 2008 avec Merrill Lynch. La réalité, c’est que la Suisse a cédé ses parts du marché offshore aux Anglo-Saxons et aux Asiatiques, qui dominent sans partage cette industrie. Une réalité moins sulfureuse que le mythique compte suisse, j’en conviens.

Vous affirmez que les banques suisses possèdent 27% du marché transfrontalier. Non, c’est la place financière suisse (y compris les banques étrangères, dont les françaises établies à Genève) qui possédait cette part de marché, et cela remonte à 2007. Cette part devait l’essentiel aux 1000 milliards de dollars d’avoirs européens offshore déposés en Suisse. A mesure qu’ils se déclarent/se fiscalisent/se résorbent, j’estime que la part de la Suisse pourrait tomber rapidement à 15%, tandis que le Royaume-Uni/les îles anglo-normandes/Dublin conserveraient la part de 28% estimée par Boston Consulting Group. Et même ces chiffres sont lacunaires, car ils ne portent que sur quelque 7500 milliards d’avoirs liquides (valeurs mobilières) déposés offshore, mais omettent l’univers des actifs tangibles, tels qu’objets d’art, immobilier, yachts, bijoux. Avec ces derniers, souvent non déclarés et enregistrés au nom de trusts dans les paradis anglo-saxons, j’estime l’univers non déclaré à 13 500 milliards, dont la part de la Suisse se réduit encore au profit des places anglo-saxonnes. Voilà pour ce qui relève non pas du conte de fées, mais de la  réalité. Au final, on ignore pour quel motif UBS France, d’entre toutes, a été espionnée par les services secrets français, qui ont livré à M. Peillon des tonnes d’informations internes à la banque. Est-ce à dire que BNP Paribas n’a jamais eu, elle, de clients sensibles, africains, russes? Qui peut croire pareille chose? L’auteur a-t-il été instrumentalisé, pour clouer au pilori une banque étrangère, cible commode en période électorale? Aux Etats-Unis aussi, UBS et la Suisse ont payé pour tout le secteur offshore, alors que les banques américaines font évader l’essentiel des avoirs. Mais en France, à présent qu’on a crucifié le coupable, qui se plaindra d’être taxé à 75%?

source

http://www.bilan.ch/editoriaux/mz/ubs-france-parlons-en 

merci à elle.

Question subsidiaire: Que font nos politiques ?

Vidéo: Fernandel, François 1er

mai 9th, 2012

Un film (1937) qui date déjà, mais dont les arguments sont toujours valables.

On se souvient de Nicolas Sarkozy avec le grand emprunt et désormais il faudra compter François Hollande avec son emprunt sur l’épargne. rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/04/19/01039-20120419ARTFIG00733-hollande-souhaite-mobiliser-l-epargne-des-francais.php

 

La Confédération se fait des ronds

mai 8th, 2012

Voici des mois et des mois que la Confédération Helvétique émet des emprunts à taux négatifs pour ses créances comptables à trois et neuf mois !

En émettant du papier et en empruntant, elle gagne de l’argent ! Sont malins ces argentiers !

Et du côté des emprunts long terme, la BNS implémente une excellente stratégie. Elle émet du papier à des échéances très longues, car les taux affichent des chiffres historiquement bas.

En 2011 pour un emprunt au-delà de 2040, la BNS devait payer 4%. Aujourd’hui, elle n’a plus qu’à offrir 1.5%.

Si vous pouviez emprunter à plus de 35 ans à 1.5%, ne sauteriez-vous pas sur l’occasion ?

Tout à coup, le monde se prend à admettre l’inadmissible

mai 8th, 2012

Voilà ce que je prédis depuis plus de deux ans, à savoir la sortie de pays de la zone euro pourrait survenir.

http://blog.crottaz-finance.ch/?p=4495

j’ai écris plusieurs articles à ce sujet.

La zone n’existera plus telle qu’on l’a connue (aujourd’hui cela semble une évidence alors qu’à l’époque on m’avait soutenu que c’était impossbile)

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/en-grece-le-chaos-politique-ravive-le-spectre-de-la-faillite_293623.html

 

Désormais on parle de retour au franc en France (chose qu’on avait annoncée impossible dans tous les débats pré-électoraux aux partisans du retour au fanc)

 

Les journalistes sont des girouettes !

 

Billet Invité: Léonard Sartoni (complément de l’article d’hier)

mai 7th, 2012

Un marché haussier respire d’une certaine façon et l’on peut souvent discerner des impulsions majeures et des corrections majeures. Le marché haussier de l’or des années 70 était plus court sur la durée, mais il s’est produit une très forte correction au milieu du cycle, qui a mis K.O. tous les petits porteurs, tout comme le pic de 1980… Pas facile de surfer ces vagues!

Il n’y a aucune raison pour que notre marché haussier se calque sur le marché des années 70, ni pour les gains, ni pour la durée, ni pour son rythme en deux temps.

La durée peut s’estimer en fonction des grands cycles économiques passés, mais 2015 me semble un objectif minimum. La revalorisation du prix de l’or est un processus qui pourrait prendre beaucoup plus de temps et qui pourrait porter le prix de l’or beaucoup plus haut que mon objectif minimum ($3000).

Quant aux cycles, on peut tout imaginer! On se doute bien que notre marché haussier va « tenter » de se défaire de la majorité des petits porteurs avant d’entrer en phase 3. C’est souvent le cas.

Personnellement, je voyais la secousse de 2008 comme la grande respiration du milieu de cycle (2001-2008 et ensuite 2008-2015). Après tout, le HUI a baissé de 75% à ce moment-là!

De quoi donner des cauchemars à tous les investisseurs en mines d’or pour le restant du marché haussier!! La preuve, c’est le sentiment si déprimé aujourd’hui. Ce secteur est vraiment détesté, je vous l’assure. Quant à l’or, le public reste toujours méfiant et il a retenu que même l’or pouvait baisser de 30% durant une panique boursière. En analysant le sentiment, je dirais que le marché de l’or ne nécessiterait pas vraiment d’un cycle baissier pour calmer les ardeurs et purger le trop plein de spéculateurs avant la phase 3. Si je vous comprends bien Confucius, vous pensez que ce marché se déroulera en 3 cycles, et vous pensez que soit le second cycle de hausse s’est terminé à $1930, soit il va encore pousser jusque vers $2300/$2500.

A mon avis, le marché de l’or avance avec un rythme qui lui est propre (les excès à la hausse faisant place à des périodes de consolidation) et aussi en fonction des nouvelles sur les marchés. Mais sa respiration propre prime sur les nouvelles (à moins que les marchés paniquent complètement comme en 2008). Les hausses et baisses journalières du dollar ne sont que des semblants de fondamentaux. Ce qui compte vraiment pour le marché de l’or ce sont les politiques monétaires de long terme, en particulier les taux d’intérêts réels, qui vont rester encore longtemps en territoire négatif.

L’or pourrait-il baisser beaucoup depuis ces niveaux sans susciter de gros achats de la part de plusieurs banques centrales qui mettraient en place des programmes d’achat massif d’or ?  Les taux d’intérêts réels vont-ils repasser en territoire positif ? Pour combien de temps ? Les Indiens sont aujourd’hui vus comme des chanceux d’avoir pu commencer à accumuler de l’or à $1200, lorsque leur banque centrale annonçait avoir acheté 300 tonnes d’or. On sait depuis que d’autres banques centrales s’y sont mises et qu’elles sont devenues acheteuses nettes, inversant une tendance vieille de plusieurs décennies!! Comment dans ces conditions espérer retrouver une opportunité d’achat à $1200??

Nous sommes sur un point charnière, mais je pense que l’or peut encore grimper une fois au-dessus de $1700 et revenir prendre appui sur la MM65sem, comme il l’a fait en 2006. Ceci nous porterait à cet automne et nous nous retrouverions dans la même situation charnière qu’aujourd’hui. Quant aux mines, au vu du ratio HUI/OR, elles ne devraient pas être plus risquées à la baisse que l’or durant cet intervalle de temps.

Si la MM65sem casse franchement, alors d’accord aussi avec vous Confucius, il faut être couvert contre ce risque ou sortir immédiatement avec un doigt sur le bouton de rachat en cas de piège baissier.

On disait que les mines anticipaient la tendance de l’or. On disait aussi que les mines offraient un levier de 3X sur le prix de l’or. Ces affirmations ont pris du plomb dans l’aile. J’ai depuis l’épisode de 2008 analysé plus en détail le comportement des mines durant les années 70 et ma conclusion est que sur de courtes périodes, les mines peuvent offrir un levier sur le prix de l’or, mais que sur le long terme la majorité des mines ne le peuvent pas! Les mines d’or seniors ne font pas mieux que le prix de l’or depuis 2002! Autant dire que leur levier est quasi nul sur l’entier de ce marché haussier. On sait pourtant que leurs valorisations et leurs dividendes se sont grandement améliorés depuis 2002. C’est parce que les anticipations sur les mines étaient trop élevées qu’elles sont tombées si bas aujourd’hui. De placement chaud durant les années 2001 à 2003, elles ont déçu les attentes des investisseurs et la crise de 2008 leur a porté un coup fatal. Quasi mortes aujourd’hui, c’est le genre de situation qu’un contrarien recherche. Je fais aussi mon méa culpa. J’avais conversé avec Loïc Abadie en 2007 et j’avais tort : les mines étaient trop chères à cette époque. Je pensais qu’avec la hausse du cours de l’or, leurs chiffres seraient boostés, ce qui n’a pas été le cas. Je n’ai pas su voir les problèmes que tous les mineurs allaient connaître : hausse explosive des coûts de production, diminution des teneurs en or et échecs des campagnes d’exploration. L’or devient de plus en plus rare, ce qui est aussi un fondamental solide pour le cours de l’or!

Quant à choisir une mine en particulier, je crois que je suis vacciné. Je préfère jouer le secteur.

Je pense que nous allons avoir une dernière baisse en direction des 400 points pour le HUI avant une séance en forme de marteau (doji) qui signe un retournement majeur. Mais encore d’accord avec vous, ce secteur peut toujours nous réserver des surprises, même en situation de survente! Il faut se protéger d’une baisse au-delà de 400 points.

 

Léonard

(relayé par confucius)

Billet Invité: Le grand retour de Léonard Sartoni au sujet de l’or et des mines d’or

mai 6th, 2012

(merci à Confucius pour la source)

Notre crise suit son bonhomme de chemin et notre métal consolide sagement en faisant tomber de plus en plus de mains faibles, à chaque secousse un peu plus, à chaque mois un peu plus….

Les doutes exprimés sur notre métal préféré me confortent dans mon analyse actuelle.

La correction en zig-zag horizontale que j’avais anticipée en septembre 2011 suit presque exactement le schéma actuel, mais le rythme est plus rapide.

L’or devrait reprendre son ascension un peu plus vite que prévu, en automne plutôt que vers la fin de l’année. J’avais aussi dit que cette consolidation devrait permettre au cours de venir reprendre appui sur sa MM65semaines. C’est chose faite à deux reprises et avec une « précision chirurgicale » ! Voyez le graphique ci-joint.

Comment rester perplexe devant un marché haussier aussi puissant et aussi régulier, sans aucun signe de surchauffe ? Cela trahit des forces colossales qui sont régulièrement à l’œuvre et qui vont métamorphoser le système monétaire d’ici quelques années! Ce graphique ne peut pas retomber comme un soufflé (comme le pense encore le grand public), car nous ne pouvons plus revenir en arrière! Pas avec le présent système monétaire. Si vous faites abstraction de tous les bruits, et si vous ne raisonnez qu’en terme d’analyse technique, ce graphique ne peut vous commander qu’une chose : rester sur la bête tant que la MM65semaines tient. Sortir en cas de rupture et revenir immédiatement lorsque l’on repasse au-dessus (comme on aurait pu le faire en 2008). Je pense que c’est un excellent compromis pour ceux qui pourraient sentir le roussi sur les marchés en 2012.

J’avais choisi d’éteindre mon ordinateur pendant un assez long moment. Ce qu’on lit dans les journaux et sur le net participe à faire tomber les mains faibles. Je n’aime pas entendre tous ces bruits. Mais c’est aussi difficile de rester longtemps sans nouvelles du monde…

Je suis repassé au trading il y a quelques jours (après des mois d’inactivité)! La baisse accélérée du ratio HUI/OR m’a fait faire quelques arbitrages en faveur des mines. Je ne pouvais pas rester sans bouger.

Cela ne veut pas dire que le métal et les mines vont subir un renversement immédiat en V. Je le vois plutôt comme une opportunité d’achat au cours de cette longue consolidation. Je tiens à conserver une proportion de 30% minimum en mines d’or ETF GDX et GDXJ, et lorsque les mines sont clairement survendues comme il y a quelques jours, je n’ai pas résisté à convertir 15% de mes mines en NUGT qui est un levier de 3 fois sur le HUI (pour un objectif de trading de quelques mois, car les « coûts de roulement » pour ce genres d’instruments sont assez élevés). Je ne pense pas que le HUI puisse casser le support des 400 points.

Le ratio HUI/OR exprime tout le dégoût des investisseurs vis-à-vis des mines d’or, et ceci depuis 2007. Les mines ont déçu pour de bonnes raisons (coûts opérationnels en hausse, risques géopolitiques, déclin des teneurs en or, mauvaises gestions et échecs répétés des campagnes d’exploration), mais comme d’habitude le sentiment est allé beaucoup trop loin dans le pessimisme. Peut-être plus bas encore que juste avant le début du marché haussier sur l’or!! En tant que contrarien, j’aime ce genre de situation. Et sur le ratio XAU/OR c’est encore plus net! Ce peut être un extrême de sentiment qui marque un renversement important à venir… car nul doute qu’en phase 3 d’ici quelques années, ce sentiment prendra l’allure inverse. Alors pourquoi attendre? Peut-on aller encore plus bas?? A mon avis pas beaucoup plus, d’où l’opportunité d’achat sur ce secteur détesté.

Que se passe-t-il chez les investisseurs? Pourquoi vendent-ils pareillement les mines d’or tandis que l’or reste à un niveau confortable? Je crois que c’est assez simple à comprendre. La correction sur l’or depuis les $1900 a douché pas mal de monde et comme ce petit monde aime jouer les mines d’or en parallèle à son or physique, ils vendent l’or et les mines d’or. Les institutionnels ne pouvant profiter de l’aubaine à cause de leurs problèmes de liquidités (solvabilité), les cours plongent, offrant une belle opportunité pour ceux qui savent la voir (le marché n’est pas toujours rationnel, c’est ce qui crée les opportunités!). N’oubliez pas, ce marché est minuscule.

Un autre facteur, et non des moindres, est également en jeu. Vous observez la même divergence entre les actions pétrolières et le pétrole.

Comme le note l’analyste Peter Cooper :

« Global investors pulled the most out of stock funds in April since at least 1996 when records began. Equity funds posted net redemptions of $18.6 billion through to April 25th, according to data from EPFR Global.
The shift out of equities has been a long-term trend since the global financial crisis of 2008, despite the subsequent rally that took stocks above pre-crash levels. Mutual funds that buy US stocks suffered withdrawals of $121 billion in the year to end of March, reported Morningstar, while bond funds recieved $191 billion over the same period.”

Nous faisons face à des sorties massives de capitaux sur tous les marchés d’actions.les investisseurs n’ont jamais liquidé autant de parts de leurs fonds mutuels en actions au mois d’avril depuis au moins 1996, lorsque les statistiques ont commencé!!!

Et où va cet argent? Dans le cash et l’obligataire. Ce mouvement dure depuis pas mal de temps déjà. Mais est-ce que l’obligataire semblera un bon placement avec une inflation qui commence à pointer le bout de son nez et avec tous ces risques souverains?

Faut-il suivre les mouvements de foule? Oui au début, non à la fin. La question : sommes-nous au début ou à la fin de ces sorties massives des marchés actions? Est-ce une bonne idée de sortir des marchés actions alors que les banques centrales ont encore plein d’armes de destruction massive pour liquéfier le système ?

Le marché du physique n’est pas fréquenté par les mêmes personnes. Les acheteurs sont plus gros, beaucoup plus gros (banques centrales). Et leurs objectifs ne sont pas les mêmes que ceux qui jouent les mines d’or! L’échelle de temps n’est pas la même non plus. C’est la raison pour laquelle la correction sur l’or est beaucoup plus mesurée, plus prévisible. Le marché de l’or physique respire d’une certaine façon, les acheteurs sont souvent embusqués aux mêmes points charnières, comme la fameuse MM65semaines, propre au marché de l’or, qui a soutenu l’entier du marché haussier avec une douzaine de points de contacts très précis depuis 2002 (épisode panique de 2008 excepté).

Ce que nous voyons en ce moment sur les mines est le processus inverse de celui qui a poussé les investisseurs à acheter de l’or à $1900 lorsque l’impulsion était devenue clairement parabolique et signalait un sommet intermédiaire (à moins d’une hypothétique entrée en phase 3 comme pouvaient le suggérer certains). Le bruit qui poussait à acheter de l’or à $1900 et de l’argent à $50, avant qu’il ne soit trop tard, a fait place au bruit qui pousse les gens à vendre l’or à $1600 et l’argent à $31, « avant l’implosion de tous les marchés, à la suite de l’implosion de l’Europe ».

Je ne vois pas les choses sous cet angle (implosion de tous les marchés). Enfin, c’est mon opinion, et elle fait sans doute partie du bruit comme toutes les opinions.

J’avais raté le coche en 2008, et peut-être bien que je perdrai quelques plumes en 2012, mais dans le fond, ma certitude est que le système monétaire actuel ne survivra pas sous cette forme et que le prix de l’or devra être beaucoup plus élevé pour aider les banques centrales à réparer les pots cassés! Ma certitude est aussi que les banques centrales sont au courant de cette situation et qu’elles mentent régulièrement lors de leurs déclarations officielles. Elles savent qu’il faudra prendre d’autres mesures non conventionnelles pour dévaluer la monnaie papier et donc la dette, et leurs moyens pour le faire sont illimités, d’où la nécessité de mentir pour garder de la crédibilité (gardiennes de l’inflation et stabilité des prix).

C’est cette certitude qui me rend serein.

Léonard SARTONI

Video: Un monde en or (Arte)

avril 30th, 2012

Vidéo: Comment le cours de l’argent et celui de l’or sont manipulés

avril 29th, 2012

J’aime bien l’image: « C’est le jeu des chaises musicales, 99 personnes dansent autour d’une chaise sur laquelle quelqu’un est déjà assis…. »